OM - Milan AC (1-0) : CHAMPIONS D'EUROPE !!!

26 mai 1993
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L’Olympique de Marseille a offert à la France sa première victoire en Champions League en battant à Munich le Milan AC, 1 à 0, grâce à une tête de Basile Boli.

Cette soirée du 26 mai 1993 restera dans les annales du football. Elle restera également dans les mémoires de chacun. Dans 10, 20 ou 50 ans, on se souviendra encore de cette rencontre et de ce succès olympien, de la même manière que l’on se souvient de son mariage ou de la naissance de son premier enfant.

La vingtaine de milliers de supporters présentes au stade Olympique de Munich se souviendra, elle aussi, longtemps de cette soirée. La journée a été belle et chaude en Bavière, la soirée également. Pourtant ce n’était pas gagné d’avance, loin de là.

Face au grand Milan AC, les joueurs de Raymond Goethals ont bataillé pour soulever la coupe. Dans une composition inédite, notamment au niveau du triangle offensif, les Olympiens ont subi dans la première demi-heure malgré une entame équilibrée. En effet, si Boksic par deux fois a répliqué aux tentatives de Rijkaard, non cadrée, ou de Massaro, écartée par Barthez, les opportunités marseillaises ont ensuite été plus rares. Mais Barthez était dans un très grand soir. Il a repoussé deux frappes cadrées de Van Basten en plein temps fort des Milanais. L’OM souffre et commence sous les vagues rouges et noires à se recroqueviller dans son camp. Une stratégie vouée à l’échec face aux joueurs d’un tel calibre. Sur les ordres de Raymond Goethals, son équipe tente de ressortir. C’est du bloc contre bloc, l’OM plie mais ne rompt. Alors que l’on approchait de la mi-temps, les Marseillais obtiennent un corner. Pelé prend son temps pour aller le tirer et permet ainsi aux défenseurs, comme Boli et Desailly, de monter prendre place dans la surface. Le corner du Ghanéen est tendu, Völler saute au premier poteau, il est trop court mais pas Boli qui a suivi et dévie le ballon, malgré la charge de Rijkaard et Baresi qui le tient par le maillot. La déviation est puissante, la trajectoire du ballon ne laisse aucune chance à Rossi, le portier italien. Le virage marseillais, placé derrière les buts milanais se soulève. L’OM vient de marquer ce qui sera le but le plus important de son histoire, juste avant le repos. Le scénario semble alors idéal mais il faudra tenir bon en seconde période.

La rencontre reprend sur le même tempo. Milan domine mais Barthez est impérial. Il écarte tous les ballons qui arrivent dans sa zone et s’impose physiquement face aux géants milanais. Rapidement, Papin entre en jeu. Les visages marseillais se ferment soudain lorsque leur ancien coéquipier foule la pelouse. Di Méco vient immédiatement charger JPP. Quelques minutes plus tard, Angloma prend un coup et doit sortir. Il est remplacé par Durand. Les minutes s’égrènent, les actions sur les buts marseillais s’enchaînent. Sur un corner italien, Papin lève son pied bien haut vers le visage de Barthez. Di Méco, mécontent du geste, se rue sur son ancien partenaire et le défie, regard et paroles à l’appui. JPP est déstabilisé. Sa mâchoire serrée en dit long. Lui qui a quitté l’OM pour gagner la Champions League est en train de la perdre avec le maillot du Milan AC sur le dos…
Milan fait le jeu et se procure des occasions mais que ce soit Massaro, Van Basten, Rijkaard ou Papin,  tous butent sur la défense olympienne. Il ne reste plus que quelques minutes, les supporters olympiens chantent mais l’inquiétude des ultimes instants montent. Finalement, l’arbitre monsieur Röthlisberger jette un dernier coup d’œil à sa montre. Un, deux puis trois coups de sifflet… ça y est, on l’a. L’OM tient sa coupe d’Europe. Les supporters exultent, les joueurs et les membres du staff courent les uns vers las autres pour se congratuler. Cette fois-ci ce sont des larmes de joie qui coulent sur les visages marseillais. 38 ans que la France attendait cela…

Alors que Didier Deschamps, le capitaine olympien s’apprête à soulever le plus prestigieux des trophées européens, «Jump» puis «We are the champions» retentissent dans la nuit munichoise. A Marseille, le concert de klaxons peut commencer sur le Vieux-Port.
La nuit va être longue et on s’en souviendra longtemps !