Steve Mandanda étonne

12 Oct 2007 Par 
Emmanuel Jean
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Depuis qu’il a remplacé Cédric Carrasso dans les buts olympiens, Steve Mandanda surprend son monde par son calme et ses qualités. Recueil de témoignages sur l’Olympien de septembre des internautes d’OM.net.

«Le moins stressé, c’est le jeune. Il joue dans les buts comme s’il y était depuis 25 ans.» La phrase est de Eric Gerets et «le jeune» est Steve Mandanda, gardien olympien de 22 ans qui bluffe l’assistance depuis qu’il a remplacé au pied lever Cédric Carrasso. Cela même hors des frontières puisque le coach marseillais a confié après Liverpool avoir reçu beaucoup d’appels depuis la Belgique «impressionnés» par le portier.

Bernard Lama : «Il a tout»

«Ca fait plaisir de voir que j’ai inspiré un plus jeune et je l’en remercie (Mandanda était fan de Bernard Lama dans sa jeunesse). Son parcours me fait plaisir, c’est un garçon qui progresse régulièrement et que je suis depuis trois, quatre ans. Le premier à m’en avoir parlé était Paul Le Guen qui voyait beaucoup de similitudes avec mon style. Il y a de la vérité mais il a ses qualités propres aussi. Il a tout ce que doit posséder un gardien moderne : prise de balle, détente, réflexe, vivacité et une frappe de balle très puissante… S’il en est là à son âge, c’est qu’il a des qualités de base au-dessus de la moyenne. Maintenant, il faut qu’il construise sa personnalité et devienne décisif à tout moment. Car arriver en L1 n’est pas une fin en soi, il faut durer et y rester.
On parle de Steve mais il ne faut pas non plus oublier Cédric Carrasso qui est aussi un excellent gardien. Il connaît des moments délicats et je lui apporte tout mon soutien.»

Ses qualités physiques et techniques sont indéniables – vivacité, réflexe, jeu au pied et aérien – mais ce qui interpelle le plus chez Mandanda, c’est cette sérénité à toute épreuve, cette posture «Zen» qu’il revendique à chaque interview. «La pression ? Cela ne lui fait pas peur. Il vit avec…» nous déclarait récemment Nicolas Dehon qui l’a vu grandir au Havre, son club formateur. Ainsi que ce soit sur la pelouse d’Anfield Road ou celle du Parc des Princes, son attitude laisse pantois tant il paraît serein, tant il accumule les performances.

«Impressionné, oui, admet Benoît Cheyrou, par sa sérénité, par son calme, son approche des entraînements et de la compétition. Je suis à côté de lui dans les vestiaires et on parle souvent. C’est quelqu’un qui n’est pas très expansif et j’apprends à le connaître. Il est simple. Il sait où il va, il sait d’où il vient et ça lui permet d’avancer. Il a confiance en lui, en ses qualités et se concentre sur son boulot.» Des kyrielles de louanges de la part de son coéquipier et une belle côte chez les supporters : après août, il a été élu olympien du mois de septembre par les internautes d’OM.net (il a recueilli 50% des quelques 42.000 votants uniques).
De son côté Steve, placide, ne fait pas dans l’auto-justification. «On ne peut pas être satisfait de nos prestations en ce moment, même individuellement. On perd des matches, on prend des buts, moi le premier en tant que gardien» remarquait-il récemment dans OMmag.

Finalement, ceux qui s’étonnent le moins de cette précocité désarmante sont ceux qui le connaissent le mieux. Comme Jacques Faty, qui l’a côtoyé chez les Espoirs tricolores : «Je ne suis pas surpris, il est le même qu’en sélection. Il est dans la continuité de sa progression. C’est bien pour le club et surtout pour lui.» Et dire que ses trois autres frères sont eux aussi gardiens (Parfait 18 ans Bordeaux, Riffi 14 ans à Caen et le petit dernier 8 ans à Saint-Maur). Ils sont tous épatants et visent le professionnalisme. Ca promet.